Du progressisme

Progressisme

Pour construire un gouvernement mondial obéissant aux principes théoriques de l’économie libérale, il faut faire disparaître le monde ancien, c’est à dire celui où en parallèle de l’interdit subsistaient des formes de solidarité sociale immanente, en atomisant le corps social et en détruisant les “corps intermédiaires” pour les remplacer par un nouvel humain vidé de sa substance et contrôlé par des lobbies prétendument identitaires. On remplace la famille par un contrat civil reconnaissant toutes les formes d’appariement que l’imagination pourra concevoir. On crée un humanoïde par éprouvette, sans filiation, un être déraciné, en ne lui laissant plus que les anxiolytiques ou la piqûre mortelle comme échappatoire.

François Hollande comme Yann Barthès, en maniant l’un la novlangue et la matraque, l’autre une dérision contrôlée par le politiquement correct, sont les laquais comme tant d’autres d’un même système pernicieux. L’un comme l’autre railleront la religion, se moqueront de la famille, ridiculiseront la morale et défendront un homme monadisé, nomadisé, prétendument “libre” car détaché de tous les “archaïsmes” qui l’entravent, et agissant au nom de son intérêt propre. C’est cet être profondément seul et manipulable qui surfe sur le spectacle et s’indigne pour des causes qui servent le système. L’imbécile utile, instrument de sa propre aliénation et de sa propre déchéance.

Les corps intermédiaires, le couple stable et la famille s’opposent à la main-mise de l’État sur l’individu, de sa conception artificielle à sa mort programmée.Il n’y a pas à se demander pourquoi l’économie libérale transforme les sociétés, ruine les traditions sociales, abêtit les gens et casse les anciennes formes de solidarité pour les remplacer par l’État providence ou des ONG contrôlées : la morale, le droit et les coutumes s’opposent à cette unicité du marché que les financiers appellent de leurs vœux. Le processus de subversion est en marche depuis longtemps et l’Éducation nationale s’est chargée de nous apprendre tout le vocabulaire à l’école. Est-ce cela la “génération Y”, des “crétins militants” (Debord), consommateurs névrosés devenus “ressources humaines” ?

En définissant l’homme comme un être fondamentalement égoïste, l’économie politique porte en germe la destruction de la ‘common decency’ et donc de la civilisation. À gauche, l’État et à droite, le Marché prennent la société en tenaille. Ce que Goldman Sachs, Wall Street et tous les cols blancs illégitimes ou non élus qui prétendent nous diriger sont en train de faire, c’est d’installer un nouvel état de nature sous répression policière. Autrement dit, quand les anciennes formes de politesse et de solidarité qui garantissaient la stabilité du corps social auront été totalement remplacées par l’intérêt personnel, lorsque la gratuité elle-même aura été abolie, il ne restera plus que le canon (à eau ?) et le 7,62 pour faire taire le peuple indigné et mutilé.

Notre président normal, son guignol de premier ministre et le PAF, de Geneviève de Fontenay à nos célébrités fermières ou autres staracadémiesque ne sont là que pour faire du “tittytainment” selon le mot de Brzezinski, une sorte de “Soma “à la Huxley ou de “Panem et Circenses” moderne : un divertissement abrutissant ainsi que de la bouffe en quantité suffisante pour maintenir le petit peuple de bonne humeur. Quid de la liberté de la presse quand grands patrons et journalistes se rencontrent aux dîners du Siècle, quand les “experts” font la promotion constante à la fois de ceux qui les payent et de l’idéologie libérale ? Tout ce beau monde qui se coopte et détruit la société pour son propre intérêt de classe, se fait l’apôtre du vide absolu pour offrir au capitalisme marchand du “temps de cerveau disponible pour Coca-Cola”. Soyez pauvres, mais consommez! Une farce…

On aurait pu penser, eût égard à sa tradition intellectuelle, que la gauche au pouvoir aurait à cœur de promouvoir la justice sociale, las ! Soumise à la finance, elle est le pire fossoyeur du “monde ancien”, comme l’appellent nos progressistes en rollers. La gauche prétend avoir le monopole du changement et s’évertue à détruire toute forme de solidarité en méprisant le travailleur et en le taxant jusqu’à l’os. Car c’est lui, ce maudit “conservateur”, qui croit encore que seul le capitalisme de production lui apportera de quoi remplir son assiette… et non-pas ce capitalisme financier dont on lui vante a longueur d’émissions télévisées, de plages radiophoniques et de publications, la formidable capacité de résilience, l’infaillibilité quasi-surnaturelle !

Il s’agit de lui intimer, à grand renfort de “pédagogie” – la propagande moderne – et avant que la police ne le fasse, ce qu’est le “bon sens” officiel: la construction européenne, la déréglementation des marchés et le démantèlement de l’État Social ne sont pas les instruments de sa mort mais de sa régénération pour en faire un homme finalement “plus humain”, plus “libre”… un “Homme Nouveau”.

Et ce calendrier a comme un parfum de déjà-vu… un parfum âcre et écœurant comme l’odeur de la Mort… la décadence d’une Civilisation.

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