La laïcité en treillis

Femen scieuses de croixLa laïcité est devenue aujourd’hui le prétexte pour que l’idéologie dominante libérale et matérialiste puisse s’imposer tranquillement à tous. L’école « laïque » gratuite et « obligatoire » reproduit une forme de table rase pour imposer huit heures par jour à nos chères têtes blondes les croyances ésotériques de Monsieur Peillon qui se fait le chantre de la « religion de la République », c’est à dire du projet spirituel républicain issu des très utilitaristes Lumières. Le mode opératoire est toujours le même : un prétexte philanthropique cache toujours un progrès du marché.

L’idée de laïcité par ailleurs colle assez bien avec l’amoralité du corpus libéral. On voit bien avec le débat sur le « mariage pour tous » que les religions avec leur corpus éthique sont des empêcheurs de tourner en rond et opposent à l’État un certain humanisme qui le gêne dans ses intérêts. La laïcité est alors le concept qui permet d’imposer au citoyen un pouvoir total en le privant d’un droit de réponse incluant d’autres valeurs que celles autorisées et choisies par l’État. En s’attaquant systématiquement aux corps intermédiaires depuis la Révolution, il s’agit de supprimer tout lien entre l’individu et la domination du pouvoir. Dernièrement la famille, sans doute le dernier contre-pouvoir.

Peillon explique bien que le projet Républicain n’a pas fonctionné en France parce que la religion catholique gardait une forte influence mais qu’il avait beaucoup mieux fonctionné dans des pays protestants parce que le protestantisme était la religion de la modernité, contestant l’argument d’autorité au nom du libre examen. Or les Lumières sont notamment d’inspiration protestante. C’est ce qui explique historiquement le combat acharné des jansénistes contre les jésuites qui sera perdu par ces derniers, la rationalisation puis « le désenchantement du monde ». La laïcité républicaine est une idéologie de combat essentiellement invasive et a pour finalité de se substituer totalement aux religions traditionnelles, réunissant pouvoir spirituel et temporel dans les mêmes mains.

La laïcité bien conçue, c’est la non ingérence du pouvoir religieux dans les affaires internes de l’État ; et la non-ingérence du pouvoir de l’État dans les affaires internes de la religion. Donc que les religieux ne se prononcent pas sur la forme de l’État et que l’État ne discute pas du sexe des anges. Il parait assez naturel de considérer que le croyant est aussi un acteur social et qu’il peut se prononcer en temps que citoyen sur la res publica en ayant une vision radicalement différente de celle de l’idéologie dominante et possède un droit inaliénable non seulement d’expression mais surtout de penser devant lequel le pouvoir n’a qu’à s’incliner.

Cette tension française perpétuelle entre un républicanisme assimilateur d’un côté et un muticulturalisme communautaire est agaçante. Nous ne voulons pas d’une laïcité de combat visant à substituer à la religion une idéologie d’État par et pour l’État… Il n’est donc pas possible aujourd’hui de se satisfaire de cet état de schizophrénie : se proclamer croyant et « laïc » républicain. Qu’on se le dise.

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